À propos

Ce que personne ne vous dit sur l’achat d’une maison en couple 👩‍❤️‍👨

Stéphanie CronierCourtier immobilier résidentiel - Montréal, Rive-Nord et environs

19 janv. 2026


Acheter une maison en couple : les non-dits, les pièges et les bonnes conversations à avoir

Quand on achète une maison en couple, on rêve souvent de la cour, des soupers sur la terrasse et de la clé qu’on tourne « enfin chez nous ». Mais entre le rêve Pinterest et la réalité notariale, il y a un monde. Ce monde-là, il est fait d’argent, de peurs, de visions de vie différentes… et de conversations qu’on évite trop souvent, par peur de « briser la magie ».

Ce n’est pas romantique de parler de séparation, de décès ou de qui paiera quoi. Mais c’est précisément ce qui protège le couple et le projet. Mieux vaut quelques discussions malaisantes maintenant qu’un conflit explosif dans trois ans.

Voici les principaux non-dits, pièges fréquents et bonnes conversations à avoir avant de signer.



1. Qui paie quoi… vraiment?

La question de l’argent est rarement neutre. Elle touche à la justice, à la reconnaissance, parfois à la honte.

La mise de fonds : don, prêt ou investissement?

Exemple classique :

  • Alex met 60 000 $ de mise de fonds,
  • Sam met 10 000 $,
  • mais les deux sont à 50/50 sur l’acte de propriété.

Si rien n’est écrit, en cas de revente ou de séparation, chacun récupère la moitié de la valeur nette… même si Alex a mis beaucoup plus au départ. Le ressentiment peut s’installer très vite : « J’ai mis plus, mais on partage pareil ».

Conversation à avoir :

  • Qui apporte combien à la mise de fonds?
  • Est-ce qu’on considère ces montants comme une contribution égale au projet, ou comme des parts différentes?
  • Si un parent vous aide, est-ce un don à vous seul·e ou au couple?

Souvent, une entente écrite (convention de copropriété ou entre conjoints de fait) permet de préciser :

  • La part de chacun dans la propriété,
  • Qui récupère quoi si la maison est vendue,
  • Comment on traite la mise de fonds plus élevée de l’un.

Les paiements mensuels : au prorata ou à parts égales?

Deux scénarios fréquents :

  • Revenu similaire : on paie tout 50/50.
  • Revenu très différent : on paie au prorata des salaires (ex. 60/40).

Le piège, c’est de décider « à la bonne franquette » sans mesurer le ressenti.

  • Si la personne qui gagne plus paie toujours plus, peut-elle développer une impression de contrôle ou de « droit de veto »?
  • Si celle qui gagne moins se ruine pour payer 50 %, va-t-elle finir épuisée et frustrée?

Bonne pratique : faire un budget global du couple (hypothèque, taxes, assurances, entretien, fonds d’urgence) et décider consciemment :

  • Est-ce qu’on veut l’égalité stricte (50/50) ou l’équité (en fonction des moyens)?
  • Est-ce qu’on se laisse une marge pour les imprévus (au moins 5 % du revenu au fonds d’urgence)?



2. Deux visions, une maison : parler du « projet de vie »

Acheter une maison, ce n’est pas juste un toit, c’est un choix de mode de vie. Or, beaucoup de couples découvrent après l’achat qu’ils n’avaient pas la même vision.

Exemples de décalages fréquents :

  • L’un veut une grande maison de banlieue, l’autre rêvait de voyager et de rester flexible.
  • L’un se voit bricoler chaque week-end, l’autre pensait à des dimanches relax sans travaux.
  • L’un veut des enfants rapidement, l’autre pas du tout ou pas maintenant.

Avant de vous lancer, prenez le temps de vous poser, sans filtre :

  • Pourquoi on veut acheter? Stabilité, statut, investissement, pression sociale?
  • À quoi ressemble notre vie dans 5–10 ans selon chacun? (enfants, travail, lieu de vie, rythme)
  • Est-ce qu’on est prêts à sacrifier quoi pour cette maison (voyages, loisirs, temps libre, flexibilité professionnelle)?

Ce sont des questions inconfortables, mais elles évitent d’acheter une maison qui ne correspond qu’au rêve d’un seul.



3. Le scénario qu’on évite tous : séparation ou décès

Personne n’aime se projeter là-dedans au moment où on emménage ensemble. Pourtant, les couples qui en parlent tôt vivent souvent mieux les crises éventuelles.

Questions concrètes à aborder :

  • Si on se sépare, est-ce qu’on accepte que l’un reste dans la maison? À quelles conditions?
  • Est-ce qu’on veut qu’une assurance vie couvre l’hypothèque pour que l’autre ne soit pas forcé de vendre en cas de décès?
  • A-t-on un testament à jour, surtout si on est conjoints de fait (où la loi protège beaucoup moins qu’on le croit)?

Ce sont des conversations lourdes, mais elles évitent de tout régler dans l’urgence, sous le choc et la douleur.



4. Comment mener ces conversations sans s’entre-dévorer

Parler d’argent, de pouvoir et de séparation peut réveiller des insécurités profondes. Quelques repères simples :

  • Choisissez un moment calme, pas entre deux visites de maison ni à 23 h.
  • Parlez de « notre projet » plutôt que de « ma sécurité », même si la peur est bien réelle.
  • Si le ton monte, faites une pause. Vous n’êtes pas obligés de tout régler en une soirée.
  • N’hésitez pas à consulter un·e professionnel·le : notaire, planificateur financier, courtier. Parfois, entendre une tierce personne clarifier les enjeux aide à sortir de l’émotion brute.


En conclusion

Acheter une maison en couple, ce n’est pas seulement choisir une cuisine et signer un prêt. C’est décider comment on veut fonctionner ensemble, financièrement et émotionnellement, dans un des projets les plus engageants de notre vie.

Les non-dits et les « ça va bien aller » fragilisent le couple bien plus sûrement qu’une bonne discussion un peu rough autour de la table.

Si vous prenez le temps de parler de partage des coûts, de vision de vie, d’entente de copropriété et de scénarios difficiles, vous ne tuez pas la romance. Vous la rendez durable.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre général et peuvent ne pas refléter les lois ou règlements en vigueur. Veuillez vérifier tout détail auprès d'un professionnel qualifié avant de prendre une décision. Certaines sections peuvent avoir été créées avec l'assistance de l'intelligence artificielle et devraient être validées pour en assurer l'exactitude.

Écrit par Stéphanie Cronier

Courtier immobilier résidentiel - Montréal, Rive-Nord et environs
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